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Interview/ Hassan Issa, Promoteur du Tournoi de l’Amitié : « Le bilan est globalement satisfaisant même si on peut toujours mieux faire »

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Hassan Issa, Promoteur du Tournoi de l’Amitié

Placée sous le signe du fair-play et de la fraternité, la 19 édition du tournoi de l’Amitié a connu son épilogue  le  dimanche 16 septembre 2018 à l’issue de la finale entre Flamengo  et Ayola (4-2). Pour en savoir plus sur ce tournoi des vacances, devenu incontournable dans le Grand Lomé, nous sommes allés à la rencontre du Promoteur et Président du Comité d’organisation HASSAN Issa.  Dans cet entretien exclusif, il est revenu sur les débuts de ce tournoi  et son parcours jusqu’à ce jour. Les objectifs, la qualité du jeu, les spectateurs, les supporters et l’équipe de Holala Junior, malgré l’âge de ses joueurs, a émerveillé le public, ont été également évoqués. M. Issa a, par ailleurs, dressé le bilan du tournoi.

Bonjour, Monsieur le Président, présentez-nous brièvement le tournoi de l’Amitié?

Hassan Issa : Le tournoi de l’Amitié comme le nom l’indique, c’est un tournoi destiné à renforcer les liens d’amitié entre les populations de la zone de Bè et ses environs.

Nous sommes à la 19ème  édition. Pensez-vous que ce tournoi participe réellement au renforcement des liens d’amitié entre les populations ?

Nous pourrons dire que dans un contexte aussi difficile que celui de la zone de Bè, vu l’engouement que suscite le tournoi auprès des populations, vu le nombre sans cesse croissant de spectateurs qui font le déplacement de lundi à vendredi pour venir suivre les matchs et le caractère pacifique des rencontres depuis le début de cette aventure malgré les petites difficultés qui surgissent par moment, je peux dire fièrement que nos objectifs sont largement atteints.

C’est devenu aujourd’hui  une compétition majeure des vacances. Quel a été le secret ?

(Sourire). Difficile à répondre d’autant puisque nous nous sommes justes des organisateurs. Il appartient aux acteurs qui participent au rayonnement de cette compétition de dire eux aussi comment ils font. Mais, je peux relever que dans la zone de Bè nous sommes des férus du football, « des fous de foot », ce qui peut expliquer en partie l’engouement autour du tournoi. Il faut voir la population qui se déplace. C’est la passion du football à Bè.

Au début, ce tournoi était uniquement destiné à une catégorie de footballeur. Au fil des éditions, la donne a changé. Pourquoi ?

Oui, disons qu’au début, l’autre objectif était également de permettre à nos jeunes frères surtout aux élèves et étudiants de pouvoir s’adonner à autre chose que les activités scolaires pendant les vacances parce que nous savons qu’ici, il y a beaucoup de talents et de grands footballeurs qui, à cause des études n’ont pas le temps pour consacrer à leur passion qui est le football. Mais au fil des années, c’est devenu une compétition à laquelle tout le monde veut participer et vu nos objectifs, on ne pouvait pas le leur refuser. Donc, l’appétit est venu en mangeant.

L’organisation d’un tel tournoi exige assez de moyens, es-ce que vous avez le soutien des autorités locales ?

Ecoutez ! Quand on parle de soutien, les gens ont tendance à penser à l’aspect financier. Si, c’est à cela que vous voulez faire allusion, je n’ai pas de soutien financier. Néanmoins, j’ai le soutien moral de certaines autorités traditionnelles de la zone de Bè.

Le tournoi de l’Amitié a ses propres réalités notamment les supporters qui parfois outrepassent un peu leur rôle. Comment arrivez-vous à gérer aussi pacifiquement ?

C’est le grand problème de notre tournoi. S’il y a quelque chose à parfaire pendant les années à venir c’est justement cet aspect. Sur un terrain dont les limites sont imposées par les supporters parce qu’en réalité ici ce sont les supporters qui délimitent l’aire de jeu, il y a une proximité entre les supporters et les acteurs qui sont sur le terrain. Qui parle de football, parle de passion et quand cette passion est exacerbée, on peut difficilement contrôler les gens. Il y a des moments où par ma seule présence, on arrive à dissuader quelques incidents. Parfois, c’est très difficile mais on arrive toujours à maintenir l’ordre pour que la compétition puisse continuer.

Surement que vous avez un mot pour les supporters ?

Si on se réfère à la dénomination du tournoi, si on se réfère aux objectifs que nous nous sommes assignés, nous ne cesserons jamais de véhiculer l’unique message qui est un message de paix, de tolérance et d’acceptation de l’autre et surtout le fair-play qui est le leitmotiv du football. Nous commençons la compétition avec 32 équipes et à la fin il n’y aura qu’un seul gagnant. Les gens doivent intégrer le fair-play comme une valeur. Il faut juste comprendre que c’est un jeu et qu’à la fin il y a un gagnant et un perdant.

Cette année, on a constaté que les équipes qui dominaient outrageusement la compétition lors des dernières éditions ont été rapidement éliminées. Comment expliquez-vous cela ?

Effectivement, jamais cette compétition n’a atteint ce niveau. Le niveau est très élevé. Comme vous venez de le dire les équipes qui faisaient la loi ont été éliminées certaines même dans la phase de poule. Ce qui montre qu’il y a une évolution. Cette année nous avons vécu des matchs qui n’ont rien à envier aux championnats de première et deuxième division.

Un tournoi avec 32 équipes, cela demande sûrement une organisation complexe ?

Nous sommes arrivés à 32 équipes parce qu’il fallait faire de moins mécontents, le plus possible. Au début, nous n’avons que 16 équipes. Vu la demande de plus en plus croissante, il a fallu augmenter le nombre des équipes. Souvent, les équipes nous envoient leur demande d’inscription des mois à l’avance. Nous enregistrons jusqu’à 45 équipes. Mais, nous avons choisi d’établir une base. Donc, nous sélectionnons des équipes dont les dirigeants sont moralement responsables pour encadrer leurs joueurs en cas d’éventuel problème parce que pour nous, c’est le fairplay qui prime.

Quel est le bilan à quelques heures de la fin du tournoi ?

En termes de bilan, premièrement je retiens la qualité du jeu produit par les différentes équipes. J’ai été bluffé par le jeu produit par les jeunes de Holala Junior. Quelle maturité, quelle aisance pour ces enfants ? Ensuite, l’aspect paisible de la compétition.  On n’a pas dénombré de blessé grave. Je dirais que le bilan est globalement satisfaisant même si on peut toujours mieux faire.

 

Interview réalisée par Augustin Amégandjin

 

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