Tino Adjété, candidat FootEthic « Améyi ne maîtrise aucun texte »

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Tino Adjété, président de Tigre Noir Zéphyr (club D2)

Tino Adjété, président de Tigre Noir Zéphyr (club D2)

Ancien membre du bureau exécutif de la FTF, Tino Adjété, président de Tigre Noir Zéphyr (club D2) est depuis quelques mois, candidat déclaré à la présidence de l’instance nationale de gestion du football. Tête de proue de la liste FootEthic, il s’illustre par de réguliers courriers à la FIFA exigeant de meilleures conditions  organisation du congrès électif de la FTF. Dans cette interview, il se prononce sur le processus électoral et sur la nouvelle orientation qu’il veut donner au football national

Global-Sport Mag : Le Processus devant conduire au congrès électif de la FTF est quelque peu aux arrêts. Quel est l’état d’esprit au niveau de la liste FootEthic ?

Tino Adjété : La Liste FootEthic que je représente est sereine. Il y a une équipe dynamique qui est en place et qui fait un travail remarquable, différent de ce que nous avons vu de par le passé. Les choses changent, il y a maintenant l’éthique qui rentre désormais dans la vie associative, nous devons véhiculer cette éthique pour que nous puissions tous l’intégrer à cette gouvernance. Faut plus faire comme avant. Il y a une saison comptable à la Fédération Togolaise de Football, du 1er janvier au 31 décembre. Nous devons fournir des bilans périodiques annuels.

De la même manière, les clubs aussi doivent fournir des bilans. Cela ne se faisait pas avant. Si nous ne faisons pas en sorte que l’administration soit professionnelle, nous n’allons pas atteindre le football professionnel non plus. On doit commencer la formation à la base en imposant qu’on ait des structures et des mécanismes solides pour qu’on puisse décoller et aller vers l’élite.

G.S : Comme vous, plusieurs candidats se sont déclarés pour la présidence à la FTF. Quelles sont vos relations avec ces derniers?

T.A : Nos relations sont toujours conviviales et fructueuses. Ce sont des relations sportives auxquelles j’accorde un très grand respect. Nous développons également des relations d’entraide et de coopération. Je leur fournis régulièrement des documents et statuts pour que nous soyons tous au même niveau d’informations et que  nous puissions avancer ensemble. Qu’il s’agisse de code électoral, des statuts de la FIFA et autres, je leur envoie tout. Afin que nous ayons les mêmes informations avant qu’on aille en compétition. Nous au niveau de la liste FootEthic, nous voyons le football autrement, en toute transparence et en toute  traçabilité. C’est un devoir national et pourquoi ne pas embarquer ensemble pour défendre les mêmes idées ?.

G.S : Il se dit aussi que des tractations sont en cours pour que ces candidats se présentent sur une seule et même liste. Confirmez-vous ces dires ?

T.A : Vous savez c’est possible. Nous au niveau de la liste FootEthic, nous avons un programme qui s’étale sur quatre (4) ans. Au delà de ce programme, il n’est pas impossible que vienne s’ajouter d’autres programmes  pour ouvrir d’autres perspectives, donner un nouveau visage à l’association nationale que nous voulons gérer. Mais pas dans n’importe quelles conditions. Nous devons gérer cette association nationale dans une certaine étique, dans une certaine moralité.

L’étique doit primer dans toutes nos activités. Les gens ne doivent pas venir à la fédération avec l’intention de venir bénéficier de certains avantages ou encore venir s’en mettre plein les poches. Nous allons schématiser tout cela pour verrouiller ces velléités-là. Il faudrait donc qu’il y ait quelqu’un qui ait la maîtrise de l’administration, la maîtrise du code électorale type, la maîtrise du code FIFA, la maîtrise du code éthique FIFA. Il faut avoir maîtrisé tous ces mécanismes-là, qui s’appliquent partout sur la planète. Nous avons à cœur de sortir le Togo de l’ornière et de redorer le blason de notre football afin qu’il soit un modèle dans la sous-région et en Afrique.

G.S : Dans l’un de vos courriers à la FIFA, vous écriviez « notre organisation ne saurait rester entre les mains de la personne responsable d’un tel chaos managérial et sportif ». Vous demandiez alors la mise en place d’une administration provisoire. A l’heure où nous parlons, Gabriel Améyi auquel vous faites allusion est toujours en place. Mieux, il se trouve conforté par une directive du secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke. Comment réagissez-vous à cela ?

T.A : Cette situation s’apparente à hypothéquer la vie de l’association nationale et celle de la jeunesse togolaise, parce que le laisser rester quelques heures de plus pourrait engendre d’autres dommages  irrémédiables dans le futur. Si la FIFA envoie un courrier quelque peu tendancieux qui laisse le champ libre à des interprétations, ce n’est pas de bon augure. Cela peut susciter de nouvelles tensions à la FTF. Mais j’espère qu’on en n’arrivera pas là car nous ne ferions qu’en rajouter au désordre déjà ambiant dans notre association nationale. Ce n’est pas un boulevard qui lui est ouvert.

Une personne qui pendant quatre années de présidence n’a eu à organiser aucun congrès, le président sortant devrait être mal à l’aise. Mais nous travaillons dans le sens qu’il ne se représente plus et qu’il retrouve la raison. Les choses changent et évoluent dans notre milieu. Il faut désormais avoir des capacités de prévision, d’anticipation, ce qui lui a fait défaut durant tout son mandat. Il ne maîtrise aucun des statuts et encore moins les textes de la FIFA. Je ne parlerais même pas du code électoral. C’est ce qui explique la situation dans laquelle nous sommes actuellement.
 
Le président sortant  se permettait de démettre des votants d’en remettre d’autres à sa guise et au gré de ses humeurs. Imaginons qu’il soit à la tête de la FIFA qui est composée de 209 fédérations, on en serait déjà à 50 ou 20. L’exemple du Maroc est encore plus parlant. Suite à son refus d’organiser la CAN, elle sera sanctionnée évidemment mais est-ce que Issa Hayatou va aussitôt rayer le Maroc des membres de la CAF ? Il faut que les gens comprennent qu’on ne peut pas diriger une fédération sans connaître les règles et l’application des textes.

G.S : La FIFA a également exclu certains clubs dont Tigre Noir Zéphyr dont vous êtes le président, du corps électoral. Trouvez-vous cette décision justifiée ?

T.A : LA FIFA n’a jamais exclu aucun club. Dans le courrier de la FIFA, il est mentionné que le corps électoral est ramené à 52 et indiqué que la FIFA n’assure que sur la période qu’elle a financée. Vous devez vous rappeler que la FIFA a suspendu sa participation au Togo à partir du 19 décembre retirant au passage la signature au président sortant en 2012. En 2013 la D2 n’a pu être jouée. Quand la FIFA était arrivée et a injecté de l’argent, les deux premières années, on a joué. J’étais encore vice-président de la Fédération, mon club jouait et a accédé en demi-finale avec Anges de Notsé qui est ensuite monté en D1.
 
C’est seulement  que quand vous n’êtes pas dans les bonnes grâces du président sortant, il cherche par tous les moyens à vous atteindre. Seul un congrès peut décider du sort d’un membre et même dans ce cas, on prévient le club plus tôt avant le congrès. Mais dans ce cas-ci, on annule Tigre Noir Zéphyr  qui n’est même pas convoqué. C’est une aberration.

G.S : Quelle que soit la date à laquelle le congrès électif de la FTF se tiendra, M. Tino Adjété et la liste FootEthic seront bien dans la course ?

T.A : Cela ne fait aucun doute, nous serons bien là.

Propos recueillis par Waliyullah Tajudeen