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Football : Daré Nibombé tacle Améyi et Tchakala

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(03 oct. 2015) C’est un Daré Nibombé tout en décontraction qui nous avons suivi à Mons une journée durant, au lendemain de la double défaite des Eperviers en éliminatoires de la CAN 2015. L’ancien capitaine des Eperviers du Togo, forfait pour les deux premiers matches des éliminatoires de la CAN 2015, revenait à la compétition après une opération au tendon d’Achilles, qui l’a éloignée des pelouses.

Son club pour des difficultés financières est descendu en 4ème division et vendu son nom « Bousou Ndour Borinage » (BNB) au profit de « Royal Francs-Borains ». Après 6 journées, le club se place en tête avec cinq victoires et une défaite. Du coup, la remontée est ici dans tous les esprits et la retour du très expérimenté Daré Nibombé,
enchante les supporters venus nombreux le suivre à l’entrainement.

Une équipe de télévision est venue filmée le retour de celui qui a disputé une Coupe du monde en 2006. « Il va beaucoup nous apporter », lâche le reporter qui se montre plus supporter que journaliste. L’ancien défenseur central de Mons qui a la cote, multiplie les blagues et les salutations. Ses coéquipiers se montrent ravis de le

voir reprendre, « un atout important pour atteindre les objectifs du club », nous confie un responsable du club. A la fin de la séance où le globe-trotter qui a disputé pas moins de six différents championnats au monde, impressionne par son sens de placement, tout en se montrant un peu juste physiquement, le longiligne défenseur central togolais nous embarque pour son domicile. L’accueil de la famille fut des plus conviviales.

Une fois finit les civilités, Daré Nibombé qui nous attendait de pied ferme (la rédaction de Global a soutenu qu’il est trop vieux pour continue en sélection nationale), nous installe pour l’entretien principal objet de notre présence à Mons. Entre colère, bonne humeur et analyse pointue de différents aspects de la sélection nationale, le plus récent retraité international togolais, nous livre ses impressions.

Nibombé Daré avec son Club

Nibombé Daré avec son Club

Un Daré amer
Le premier sujet que nous avons abordé avec lui, c’est naturellement l’entame catastrophique des Eperviers du Togo dans les éliminatoires de la CAN 2015. Posément, le « Vieux Lion Bassar » embraille. « De loin, ça a été très difficile pour moi de supporter les deux défaites consécutives. 19 mois après les ¼ de la CAN 2013, les Eperviers n’ont plus leur destin en main pour Maroc 2015. L’impression que dégagent les 2 matches, se résume en une sorte de manque de responsabilité au
vue de la prestation de mes camarades. Les joueurs sont presque les mêmes par rapport à l’équipe de départ de la CAN 2013, qui nous est restée de référence », résume t’-il d’entrée avant d’enchainer avec son analyse des causes psychologiques des défaites.
« On s’aperçoit que l’équipe à peiné pour digérer les retrouvailles et se projeter vers l’essentiel, les matches. Ils n’ont donc pas presté au niveau qu’on leur connait. L’animation offensive a cafouillé mais a réussi à inscrire 3 buts. L’organisation défensive reste très fébrile avec 5 buts encaissés sur les deux matches » analyse t-il avant de préconisé la solution un ton sentencieux. « Un recadrage s’impose dans
le choix, la position et l’approche tactique des joueurs sur le terrain en fonction de l’adversaire pendant le déroulement des matches, mais Tchanilé n’a pas eu cette vision, ni la faculté pour rectifier le tir ». Un grain amer, pour Daré Nimbombé qui suit
actuellement des cours de coaching, le sélectionneur national ne s’est pas montré à la hauteur.

Nibombé Daré avec les Eperviers à la CAN 2013

Nibombé Daré avec les Eperviers à la CAN 2013

Tchanilé dézingué

Une fois passé la déception des défaites, nous abordons avec l’ancien colistier d’Emmanuel Adébayor en sélection nationale, les perspectives les plus proches avec la double confrontation couperet contre l’Ouganda, surprenant leader di groupe devant le Ghana. Ce qui est sur les lèvres à propos de ces matches, ce sont bien les changements que Tchanilé Tchakala a décidé d’opérer. « C’est du n’importe quoi ces
soit disant changements à mon avis », balaie t-il la mine sévère le ton presque menaçant. « Ça peut arriver que les joueurs évincés (Gafarou, Améwou, Bossou : Ndlr) soient en méforme note t-il avant d’ajouter, mais excusez moi, on ne les remplace pas, par des joueurs de Gbikinti ni de Koroki », dit il retrouvant un sourire au coin avant de recommencer dans sa démonstration.

« Ces changements vont provoquer de l’électro choc chez les concernés certes, mais on a besoin des gars prêts et confirmés pour aller défier les Crânes à Kampala. On a plus le temps pour les expérimentations, ce qui veut dire que tout changement doit nous apporter une plus value, et c’est ce qui est loin d’être le cas, sans chercher à jouer très tôt à l’oiseau de mauvaise augure ». Là aussi, Daré Nibombé fustige
l’approche du coach, « quand on prétend ne pas sélectionner les à fait normal), on ne les remplace pas, par des joueurs d’un changement irrégulier.  Bossou, Améwou, Gafarou ont beaucoup apporté ces dernières années pour passer aussi brusquement de statut de titulaires à celui de bannis. Au moins sur les bancs, on aurait pu se servir de leur expérience dans un matche comme celui de Kampala. Vous allez voir
pour preuve, qu’aucun des nouveaux joueurs ne débutera les matches à
venir. Où se trouve la pertinence du changement ? ».

Améyi responsable ?

A propos du choix du successeur au technicien Didier Six, Daré Nibombé qui trouvait impérieux le départ du Français, pense

Le Président de la FTF (Gabriel Améyi)

Le Président de la FTF (Gabriel Améyi)

néanmoins que cette la mauvaise gestion de ce tournant qui en partie, explique aujourd’hui les difficultés de la   sélection nationale. « Le président Gabriel Améyi avait ses raisons pour avoir outenu, voire même imposé Tchanilé Tchakala. Il faut dire aussi qu’après les séries
Didier Six (Rires), la majorité des sportifs penchaient en faveur d’un staff à coloration locale. Je ne me permettrai pas de dire que ce n’est pas le bon choix. Mais je m’en voudrais de n’avoir pas douté des capacités de Tchakala à coacher cette équipe, et de l’avoir dit à qui de droit. De l’intérieur, je connais l’équipe, des humeurs de ceux qui la pilotent et de ce qu’on peut en attendre dans son ensemble. Un choix de sélectionneur se mûrit avec des compétences et non avec des humeurs et les volontés personnelles » a dit le joueur avant de prédire les responsabilités. « Si on grille notre dernière carte le 10 octobre à Kampala, Améyi aura sa part de responsabilité pour avoir autant insisté pour le choix de Tchakala, que pour avoir présidé une institution dans une perpétuelle turbulence jusqu’à la fin de son
mandat ».

Retraire consommée ?

Daré Nibombé se passe pour un patriote, et quand on lui pose la question d’un éventuel retour en sélection, il répond sans détour. « Tout citoyen est et reste à la disposition de son pays. Mais je ne pense plus être utile à cette équipe sur le terrain. Car, il y a assez de jeunes pour assurer la relève. Par contre,  je ne dirais pas non à
un rôle autour de l’équipe, si les dirigeants trouvent ma présence d’une utilité quelconque ».  Une fois sa retraite annoncée, celui qui compte 68 sélections, en profite pour dénoncer certains comportements de ses camarades qui choisissent entre les matches, compromettant ainsi des chances de l’équipe. « Il est temps de dire que les joueurs se font trop désirer. Il faudra créer les conditions pour qu’aucune excuse ne soit accordée à des intermittents en sélection nationale », a-t-il martelé un air patriote et soucieux de plus de discipline dans le groupe, avant de finir par un appel à la mobilisation. « Je crois encore fort à notre qualification et j’exhorte le peuple à supporter les Eperviers dans cette dernière ligne droite ». Ainsi fini notre entretien avec l’ancien vice-capitaine des Eperviers du Togo.

De notre envoyé spécial en Belgique Augustin AMEGA